Le choix de la matière première : coton, lin et modernité
Longtemps, le coton dominait, pour sa souplesse et son aptitude à recevoir l’impression. Aujourd’hui, les principaux ateliers (comme SOULEIADO, Les Olivades, ou Atelier du Piémont) privilégient toujours une fibre naturelle de qualité irréprochable – coton “Bachette”, popeline et parfois, pour du haut de gamme, des mélanges lin-coton. Cela joue directement sur la tenue, la vivacité des couleurs et l’aspect final.
- Chaque rouleau de tissu brut est soumis à un lavage préalable pour enlever les apprêts de tissage.
- Vient ensuite un pressage pour éliminer les plis, essentiel pour l’application des motifs.
Impression du motif : du tampon à la sérigraphie
C’est la partie la plus emblématique. Autrefois, on utilisait des planches de bois gravées à la main. Ce procédé, appelé “impression au bloc”, demandait une dextérité extrême et existait jusqu’au XX siècle. Actuellement, l’immense majorité des ateliers travaillent à la sérigraphie ou à l’impression rotative :
- Sérigraphie artisanale : Motif transféré sur une toile tendue (écran). L’artisan dépose couche par couche les différentes couleurs, chaque passage étant accompagné d’un séchage minutieux. Cela permet une grande précision et une durée de vie supérieure du motif.
- Impression rotative : Une machine fait passer rapidement le tissu sous des rouleaux gravés, ce qui permet de grandes séries sans perdre en netteté. Cette solution est privilégiée pour les motifs traditionnels très demandés, notamment dans l’atelier Les Olivades à Saint-Étienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône).
- Tampon manuel : Encore utilisé pour les pièces d’exception ou les détails, le tamponnage main persiste, notamment chez certains petits ateliers ou pour des commandes de luxe.
À noter : chaque teinte nécessite un passage distinct. Un tissu à trois couleurs subit donc trois impressions successives, avec alignement parfait à contrôler à chaque étape. Pour une pièce phare comme une nappe 250x150cm, quadrillée de “mouchettes” et de frises, entre 7 et 12 étapes d’application peuvent être nécessaires (source : SOULEIADO).
Fixation et finition des couleurs : la science derrière la beauté
Une fois imprimé, le tissu doit conserver la brillance et la solidité des couleurs. Dans les bonnes maisons, la fixation passe par un “cuisson” (une phase de thermofixation à 180°C pendant plusieurs minutes) et par un bain fixateur (soude, vinaigre ou autres solutions selon le pigment utilisé). Cette alchimie, parfois jalousement gardée, est la seule à garantir le maintien des tons même après des lavages répétés.
- Contrôle qualité : Tous les rouleaux sont contrôlés visuellement par sections : un défaut sur une séquence de 20m de tissu annule la production du coupon.
- Découpe et couture : Les pièces (nappes, rideaux, coussins) sont ensuite taillées et finies à la main ou à la machine, chaque modèle ayant sa “charte de coupe”.
Certains ateliers, pour perpétuer la tradition, intègrent aussi dans leur processus le “matelassage” (superposition de couches cousues) ou l’ajout de galons brodés.