La Provence cultive des formes d’hébergement qui lui sont propres, à commencer par trois figures devenues mythiques : le mas, la bastide et le cabanon. Leur image, parfois simplifiée par les cartes postales, cache une histoire et un usage bien différents. Petite mise au point.
Le mas provençal : la ferme familiale par excellence
- Origine : Le mas, étymologiquement dérivé du latin “mansus” (maison rurale), incarne la ferme méridionale pensée pour accueillir des familles élargies et leur activité agricole (source : INSEE, données patrimoine bâti).
- Architecture : Ces bâtiments, orientés plein sud pour capter la lumière mais protégés du mistral, sont conçus à partir des matériaux locaux (pierre, terre, tuiles canal). Les volumes sont souvent généreux (300 à 1000 m² pour les plus grands mas du Luberon).
- Usage actuel : Si historiquement, ils étaient liés à la polyculture (vigne, olivier, céréales), nombre de mas ont aujourd’hui été transformés en gîtes de charme, maisons d’hôtes ou hôtels ruraux. Entre 2019 et 2023, l’offre de gîtes installés dans des mas a progressé de près de 8% (source : Gîtes de France).
- Expérience : Séjourner dans un mas, c’est accéder à un art de vivre fait de matériaux naturels, d’espaces extérieurs ombragés et d’une atmosphère familiale marquée par le temps long de la campagne.
La bastide : élégance et grandeur de la Provence d’Ancien Régime
- Origine : Les bastides apparaissent au XVIIIᵉ siècle, portées par la bourgeoisie urbaine d’Aix, Avignon ou Marseille. Il s’agit de maisons de campagne bâties pour la villégiature estivale.
- Caractéristiques : Ces demeures, à l’architecture symétrique et souvent structurées autour d’un grand axe central, sont entourées de jardins à la française, de fontaines, parfois de petits bois ou parcs. Selon le service de l’Inventaire général du patrimoine culturel de la Région, il existe plus de 600 bastides référencées sur le seul département des Bouches-du-Rhône.
- Usage aujourd’hui : Désormais, plusieurs bastides abritent des hôtels de grand standing, des chambres d’hôtes de luxe voire des centres de séminaires à l’écart du tumulte urbain.
Le cabanon : l’histoire vraie d’une “Petite maison dans la garrigue”
- Différence majeure : Le cabanon est avant tout la cellule minimale du loisir populaire. C’est la “petite maison” du pêcheur ou de l’ouvrier marseillais, souvent en bord de mer ou au milieu des oliviers, sans fioritures. Leur taille n’excède pas 30 m².
- Le saviez-vous ? Le cabanon de Le Corbusier à Roquebrune-Cap-Martin (1952), 16 m², classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, témoigne de cette simplicité habitée (UNESCO).
- Expérience : Certains sont loués à la saison ou rénovés en micro-gîtes, vécus comme une immersion totale dans la vie rurale ou balnéaire.