Détails

Ajouté par on 27 décembre 2016

Article et Interview de Philipe Astor par La nuit Magazine :

Finance Fiction, ça commence demain à la Villa Mediterranée. Beaucoup de thèmes seront explorés, notamment celui du futur des financements et des moyens de paiement. Pour l’occasion, on a discuté avec Philippe Astor, journaliste indépendant et spécialiste des blockchains, système novateur actuellement en construction qui pourrait révolutionner bien des mondes, notamment celui de la musique. La blockchain est une monnaie numérique apparue en 2008 qui fonctionne comme une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. C’est-à-dire que la blockchain permet de se passer de nombreux intermédiaires, comme par exemple: une banque.

En quelques mots, explique-nous ce que sont les blockchains ?

Il s’agit d’un système de confiance. Quand tu signes un chèque pour payer une voiture, le vendeur l’accepte parce qu’il est garanti par un tiers : la banque. Les blockchains proposent de se debarasser du tiers, par un système informatique qui valide et garantit la transaction à travers de nombreux serveurs : ce qu’on appelle le consensus informatique distribué.
L’idée : se passer totalement d’intermédiaire, ce qui changerait la donne sur beaucoup de plans.

Quels sont les changements qui peuvent arriver ?

Il y a une chose essentielle avec ce concept : tout d’un coup, on récupère en tant que peuple, le droit de créer de la monnaie. Et ce n’est pas un fantasme, puisque Bitcoin, un concept simplement dédié à la transaction pair à pair, pèse aujourd’hui 16 ou 17 milliards de dollars.

Une des idées phare derrière les blockchains est celle de rémunérer tout les contributeurs et collaborateurs directement à la source du paiement, le blockchain permet en effet de répartir toute rémunération, directement depuis de la poche du consommateur.
On peut aussi imaginer d’autres exemples très terre à terre. Comme quand tu aides une vieille dame à traverser, elle pourrait te récompenser directement sans intermédiaire.
Les intermédiaires empêchent une vraie économie collaborative : tu dois payer BlaBlaCar pour faire du covoiturage, Uber pour être conduit par un particulier. Ça commence à changer, avec un site comme Lazooz par exemple, qui propose un covoiturage sans tierce partie.

Il y a un champ infini des applications possibles, mais dans le domaine de la musique par exemple, qu’est-ce qui peut changer ?

Imagine une sorte de bitcoin « augmenté », auquel en plus du paiement s’ajouterait à l’achat du morceau, un concert inclus. Il s’agit d’une des nombreuses applications qu’on peut facilement mettre en place.
Une autre chose, qu’on appelle la gestion actifs numériques, changerait la donne. Exemple : tu règles directement un morceau de musique en blockchains, ce moyen de paiement prévoit la répartition automatique et directe de chaque rémunération entre la production, l’artiste etc. La gestion des droits serait également automatisée, directement sur la moindre rémunération, à des pourcentages préétablis.
On peut donc imaginer un spectateur qui avec son billet de spectacle, paierait un peu pour tout le monde.

Et pour la propriété intellectuelle ?

On peut appliquer les règles actuelles, mais à un niveau plus approfondi, avec une répartition bien établie dès le départ qui se répercuterait sur chaque rémunération.
Il y a un organisation différente à imaginer, comme une coopérative qui décide de la répartition, notamment entre un producteur, un diffuseur en streaming qui pourrait être rémunéré sur le concert. Les salles et les orga réclament de plus en plus une part sur la captation, qui avec les moyens d’aujourd’hui deviennent incontournables, et ça pourrait être une solution simple à ce problème : personne ne devrait payer de prestation, c’est le spectateur qui en payant son billet paye pour tout le monde. L’idée de base des blockchains est donc simple, mais elle a un potentiel énorme : celui de changer les règles.

Plus d’info :
https://www.lanuitmagazine.com/philip…

http://www.popfinance.net

Commentaires fermés.